Dernières nouvelles de la Phonobase

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28 janvier 2025
Une récompense américaine pour l’Archéophone et la Phonobase
L’Archéophone et la Phonobase ont reçu l’Independent Initiatives Award de l’ARSC (the Association for Recorded Sound Collections). Basée aux Etats-Unis, l’ARSC est une organisation de préservation de patrimoine culturel centrée sur les enregistrements sonores historiques. Détails ici.

27 janvier 2025
Réclame – En 1953, ce disque publicitaire français vous recommande la machine à laver, ainsi que l’essoreuse-rinceuse-centrifuge, deux engins distincts, de la marque Thermor, pour équiper le foyer moderne.
– Conçu pour la démonstration chez les marchands américains, ce cylindre de 1906 vante les mérites jamais démentis du Phonographe Edison : (texte anglais inclus).
– Déjà en 1901, ce disque français,  en vers, vantait au contraire la technique du Gramophone.

Exotisme – La Phonobase offre depuis longtemps des enregistrements Chinois qui datent de la toute fin de l’empire Qing (gravés avant 1912… ) jusqu’aux toutes premières années de la République de Chine. Leur description, longtemps restée problématique pour un non-initié comme l’auteur de ces lignes, a trouvé une solution grâce à l’aide de M. François Picard, musicologue, professeur émérite à Sorbonne Université, membre de l’IReMus (UMR 8223), entre autres titres, qui vient d’apporter sa connaissance approfondie de la musique et de la langue Chinoises pour décrire les morceaux enregistrés avec caractères chinois et leur translittération. Près de la moitié des fiches du répertoire chinois sont ainsi décrites à ce jour.

10 décembre 2025
Impossible rareté – Cécile Chaminade (1857-1944), compositrice française de grand renom, pianiste concertiste  particulièrement appréciée en France et en Angleterre, grava six disques à Londres en 1901, et n’enregistra rien d’autre plus tard. De nos jours encore, ces disques ne sont connus chacun qu’à un, deux, ou trois exemplaires dans le monde. L’un de ces disques,  Pierrette, air de ballet, Op. 41, désormais sur la Phonobase, vous offre pour un instant un regard et une écoute sur cette compositrice française qui, familière du château de Windsor dans les années 1890, joua régulièrement devant la reine Victoria. Chaminade a également laissé de nombreuses compositions, entre autres des mélodies chantées, célèbres en leur temps, sur des poèmes de François Coppée, Rosemonde Gérard, ou Armand Silvestre, que l’on retrouvera ici sur la Phonobase.

À l’Opéra – Dans un état exceptionnel proche du neuf, un ensemble de disques de Pauline Charlotte Agussol (1863-1939), gravés en 1901, vient enrichir la Phonobase ce jour. Deuxième prix de chant et 2ème prix d’opéra-comique en 1887 au Conservatoire de Paris, Agussol débuta à l’Opéra dans Les Huguenots : rôle d’Urbain (19/09/1888), et chanta ensuite Faust (Siebel), Guillaume Tell (Jemmy), Roméo et Juliette (Stéphano), l’Africaine, la Favorite, la Walkyrie etc… Elle fut membre fondatrice de l’Association phonique des grands artistes (APGA, 1906-1910), société phonographique qui a laissé beaucoup d’enregistrements d’artistes de tous genres.

Musiciens confirmés, gravure amateur – Chercheur au laboratoire de Physique de l’ENS de Lyon, Mickaël Bourgoin collabore avec Gilles Saurais, archetier lyonnais de l’archeterie Daber. Ensemble, ils m’ont mis en contact avec la famille Tricou, qui souhaitait numériser un curieux disque gravé en amateur à Lyon, en 1930.
Le disque d’aluminium porte la mention imprimée “G. Rabut 30 rue de l’Hôtel de ville Lyon Phonos et disques artistiques. Enregistrement Permadisk. Jouer ce disque avec une aiguille en fibre”. Il est titré à la main : “Troupeau de moutons en Provence” d’A.M. Bob enregistré par R. Gallet Z. Honegger S. et P. Tricou le 27-12-1930″. 
On y entend une flûte et un quatuor à cordes jouant en pizzicati une pièce inédite, sur un enregistrement hélàs très faible techniquement. On découvre tout de même une partition avant-gardiste pour son époque, qui évoque quelque chose de burlesque, qui tient de la pochade. Quelques indices apportés par les descendants des auteurs : A.M. Bob = Anne-Marie Bobichon. Z. Honegger = Zazou Honegger [Jacqueline Honegger, sans rapport familial avec Arthur Honegger].

Sujet difficile – Toujours conservé dans une archive privée à ce jour, un ensemble de six discours d’Hitler gravés entre 1938 et 1941 sur 35 faces de disques souples en gélatine, m’a été confié pour numérisation. Bien plus fragiles que les autres disques souples du commerce (à l’époque ils étaient en acétate de cellulose), ces disques se dissolvent dans l’eau tiède, craignent le froid, l’humidité, la chaleur, et sont difficiles à faire jouer aujourd’hui : il faut les passer à l’étuve, bien à plat entre deux vitres, à 40 degrés C dans les heures qui précèdent leur audition, pendant laquelle ils sont collés au ruban addhésif par la périphérie sur le plateau du tourne-disque, afin de réduire au mieux toute déformation. Pour éviter les sorties de piste, la numérisation s’effectue à vitesse très ralentie, avant remise à vitesse normale en post-traitement. Ces contenus sont bien connus pour la plupart, à l’écrit comme à l’oral. Cependant, l’un de ces discours semble inédit en audio. Les auditions des contenus ne seront possibles que sur demande motivée.

6 octobre 2025
Holocauste – Un deuxième ensemble de 30 dictabelts des procès de Francfort nous a été confié pour numérisation.
Déjà en 2023, le service des archives du Fritz Bauer Institut – Geschichte und Wirkung des Holocaust, de la Goethe-Universität à Francfort, avait confié au Larhra, via le Phono museum Paris, la numérisation d’un premier ensemble de 29 dictabelts portant les enregistrements sonores de témoignages de victimes de l’horreur d’Auschwitz. Ces documents, constitués dans le cadre des procès de Francfort, connus en langue allemande sous le nom de Frankfurter Auschwitzprozesse, ont appartenu à l’avocat Fritz Weinshenk (1920-2012). Ce premier ensemble est désormais visible sur la Phonobase, mais les demandes d’audition doivent être adressées au Fritz Bauer Institut.
C’est également sur des dictabelts qu’avaient été enregistrées les 230 heures du procès de Nelson Mandela, dit procès de Rivonia, également numérisé au Larhra, au moyen de l’Archéophone, en 2014-2016.

15 juillet 2025
Textes en ligne – Sans intelligence artificielle aucune, mais avec toute l’authentique intelligence de passionnés bénévoles, plus de 10000 fiches de la Phonobase vous offrent le texte complet de leurs paroles chantées ou déclamées, à partir de 4000 textes différents. Mais il y a mieux : vous pouvez désormais rechercher un mot ou un groupe de mots, non plus seulement dans les métadonnées descriptives des enregistrements, mais également dans l’ensemble de ces textes. Par exemple le mot “amour” donne 1523 résultats, tandis que “taupin” n’en donne que 11.
Allez donc voir ! À vos claviers !

21 juin 2025
Belle cueillette de printemps pour la Phonobase, en matière de voix militantes. Pour l’essentiel, ces disques de radios privées proviennent indirectement de la collection José Sourillan.

Personnages politiques, honneur aux dames : Madame Chiang Kai-Shek, la libératrice de son époux capturé, tandis qu’elle est responsable de l’aviation chinoise, s’adresse aux États-Unis depuis Radio Nankin, le 11 septembre 1937. Cette même grande dame s’adresse également ici au Congrès des États-Unis, le 18 février 1943. Gertrude Foster Brown (1867-1956), célèbre suffragiste américaine nous adresse son message de 1917 : “Why Women want the Vote“.

Sur le même thème, voici “Speech for Woman”, de Stephen Wise (1874-1949), rabbin américain, militant du sionisme et des droits civiques. Parmi les autres messieurs : William Ewart Gladstone (1809-1898), premier ministre britannique, un défenseur des couches populaires et des catholiques irlandais de l’Angleterre victorienne, vous parle, en 1888 ! … Herbert Henry Asquith (1852–1928), Premier ministre du Royaume-Uni, s’exprime sur le People’s Budget (Budget du peuple en français) de 1909 qui introduit notamment de nouveaux prélèvements obligatoires visant les plus riches afin de financer les premiers éléments de ce qui deviendra la Sécurité sociale au royaume-Uni. Ce budget divisa le pays et suscita des débats houleux tout au long de l’été 1909. Voté par la Chambre des communes en 1909, il est bloqué par la Chambre des lords durant un an, puis prend valeur de loi en avril 1910. Theodore Roosevelt (1858-1919), Woodrow Wilson (1856-1924) s’expriment dans le cadre de la campagne présidentielle de 1912. Edward M. L. Ehlers (1840-1917), Grand secrétaire de la Grande loge de New-York s’exprime, à la veille de la Grande guerre, sur la franc-maçonnerie aux États-Unis.

Plus près de nous, Tomáš Masaryk adresse un message pour célébrer en 1928 le dixième anniversaire de la République tchécoslovaque. Un message en langue tchèque dont la Phonobase aux mille ressources offre la traduction française en plein texte, en marge de l’audition du discours. André Tardieu (1876-1945), président du Conseil, s’exprime à la Société des nations, à l’ouverture de la Conférence du désarmement, le 5 janvier 1932. Marc Rucart (1893-1964), homme politique et résistant français, s’exprime à son retour de Tchécoslovaquie, en juin 1938. Joachim von Ribbentrop parle en français lors de sa visite à Paris, avec le ministre Georges Bonnet, et le député Georges Scapini, dans le cadre du Pacte Bonnet-Ribbentrop (7 décembre 1938). Jean Hérold-Paquis (1912-1945) distille son fiel sur Radio Paris, début 1944.

Adolf Schärf (1890-1965), vice-chancelier fédéral d’Autriche, évoque en 1953 le 10e anniversaire de la Déclaration de Moscou, considérée comme l’un des textes préparatoires de la Charte des Nations unies. André Marie (1897-1974), Paul Reynaud, Henri Queuille, s’expriment en 1948 sur la situation économique et sur le plan Marshall. Şehzade Mehmed Abid (1905-1973), prince ottoman, ambassadeur d’Albanie en France, commente l’invasion italienne de l’Albanie (8 avril 1939).

Enfin, voici le seul enregistrement connu de François de Tessan (1883-1944), journaliste, homme de lettres et homme politique radical-socialiste français, mort en déportation à Buchenwald. Dans cet enregistrement il revient des États-Unis à la fin du printemps 1939 et déclare son admiration devant l’entrain spectaculaire et optimiste de l’Amérique du New Deal, Amérique qui néanmoins observe méticuleusement la probabilité d’une guerre en Europe. Marc Boegner (1881-1970), pasteur, une des grandes figures du protestantisme français, s’exprime contre la guerre.

– Parmi les disques aux labels spécifiques lancés par des mouvements politiques pionniers dans la publication phonographique, voici le label Étoile Rouge, du Parti Communiste français (1926) ; on y entend Hardi Camarades !, chant révolutionnaire russe, ainsi que Le Chant des bateliers de la Volga.

– Un parti s’exprime à la radio : Raoul Aubaud fait le bilan des assises du parti républicain radical et radical socialiste, à Biarritz (28 octobre 1938) ; Léon Salagnac, maire de Malakoff, conseiller général de la Seine, candidat député du secteur, présente sa candidature aux élections législatives des 23 et 30 novembre 1958.

– Des journalistes font leur auto-promotion : voici comment vers 1938 on présentait à la radio les “unes” de l’hebdomadaire “Candide” ou du journal quotidien “Le Journal

– Des artistes de la scène dans des discours de circonstance : Lys Gauty de retour d’une tournée outre Atlantique, Cécile Sorel (1873-1966) s’adressant à toutes les Cécile (22 novembre 1938, un monument !) , quelques artistes vous présentent leur première chanson : Jane Aubert, Yvette Guilbert, Georgius, Fernandel ; un autre acteur, Michel Simon, avec ses amis dans des facéties toutes cousues d’épaisses grivoiseries ; Olivia de Havilland s’exprime en français dans un exercice radiophonique édulcoré.

– Des artistes peintres : André Dunoyer de Segonzac (1884-1974) raconte comment il fait de la gravure en plein air ; Raoul Dufy (1877-1953) nous laisse quelques considérations sur la peinture, et sur sa maladie.

– Gloire au sport : Constantin Brive et sa traversée en groupe du massif du Mont-Blanc (juillet 1938)

– Souvenirs militaires : Le commandant Raynal évoque les derniers survivants du Fort de Vaux ; les adieux du général Henri Gouraud

– Inventeurs et techniciens : Auguste Lumière, ses déclarations sur le cinématographe et ses théories médicales ; René Leduc, constructeur d’avions, concepteur du statoréacteur, le plus simple des propulseurs ; Thomas Edison raconte une blague sur un cylindre en 1909…

– Hommes de lettres : Henry Bordeaux, lors de la célébration de son 50e roman (1939) ; Sacha Guitry à la première de “Pasteur” et de “Bonne chance”, ses deux premiers films (1935).

– Art lyrique : mélodies de Henri Duparc, sur des poèmes de Charles Baudelaire principalement, et François Coppée, Sully-Prudhomme, Leconte de Lisle, chantées par Maggie Teyte ou Charles Panzéra. La phonobase offre depuis longtemps des enregistrements de la célèbre soprano Emma Calvé (1856-1942), et en particulier quelques inédits conservés au musée de Millau et des Grandes Causses. Voici le message suprême d’Emma Calvé sur son lit de mort, le 4 janvier 1942 à Montpellier.

30 avril 2025
Un article sur les dernières activités de la Phonobase : Marie Privé, “Faire entendre les sons de la Belle Époque”, CNRS Le Journal, https://lejournal.cnrs.fr/articles/faire-entendre-les-sons-de-la-belle-epoque, article publié dans le cadre du partenariat de numérisation des cylindres du CRBC, Centre de recherche bretonne et celtique, (UR 4451 / UAR 3554).

14 mars 2025
La note du 22 octobre 2024 (voir plus bas) rapportait un bel ensemble de disques La voix des nôtres et de la Ligue pour l’enseignement. Voici dans le même ordre d’idées un ensemble de disques, à retrouver ici, qui portent les voix et chants du communisme français, dans les années 1930, à travers les labels aux noms évocateurs : La Voix du peuple, La voix du travail, L’union des femmes françaises, The Coquelicot’s Jazz de Saint-Denis, Piatiletka, Le disque d’avant-garde. Parmi les noms des orateurs, connus ou moins connus, on trouve notamment : Vincent Auriol, Léon Blum, Suzanne Buisson, Marcel Cachin, Jeanne Chevenard, Marcel Clément, G. Delmas, Jacques Doriot, Jacques Duclos, Louis-Oscar Frossard, Étienne Gibert, Marcel Gitton, Léon Jouhaux, Jean-Baptiste Lebas, Jean Longuet, Adrien Marquet, Eugène Marty-Rollan, André Marty, Jules Moch, Joseph Paul-Boncour, Antonin Poggioli, Ernest Poisson, Jean Renaud, Pierre Renaudel, Romain Rolland, Guy Sella, Pierre Surgères, Maurice Thorez, Marie-Claude Vaillant-Couturier, Paul Vaillant-Couturier.

30 novembre 2024
Parmi les dernières numérisations : Fuentes, un paso doble, exécuté par un orchestre d’harmonie d’Amérique centrale, non identifié, vers 1905. Au rayon des choses qui font débat, Amour noir et blanc, chanson de Christiné, par Paul Fayol ; Zola au Panthéon, de et par Théodore Botrel, authentique breton de carte postale, antidreyfusard, qui véhicule ici son hostilité à la cérémonie qui honora, le 4 juin 1908 le grand auteur de Germinal, et le plus dévoué protecteur de Dreyfus…
On ne saurait mesurer le succès international de Leopoldo Fregoli (

16 octobre 2024
Les cylindres du CRBC, centre de recherches bretonnes et celtiques
Le CRBC, de l’Université de Bretagne occidentale (UBO) conserve près de 200 cylindres m’a confié les plus audibles de ces cylindres, notamment ceux de la poétesse Filomena Cadoret (1892-1923), pour leur numérisation qui a eu lieu en avril 2024. Le  CRBC donne plus d’informations dans cet article : Playlist 1900 : la collection des cylindres phonographiques du CRBC.

22 octobre 2024
Aux hommes de l’an 2000 – Oyez ! ce message de La voix des nôtres aux hommes de l’an 2000, gravé en janvier 1931, où l’anticipation la plus clairvoyante, qui se vérifie aujourd’hui dans notre quotidien technoïde, voisine avec les rêves de fraternité les plus violemment déçus par le cours de l’histoire.
L’orateur, Jean Lorris (Léon, Joseph, Amédée Leroy, 1879-1932, directeur de l’Encyclopédie socialiste, syndicale et coopérative), créa en 1930 les disques au label La Voix des nôtres qui rassemblent notamment les voix de Léon Blum, Joseph Paul-Boncour, Paul Faure, Firmin Gémier, avec les voix de bien d’autres figures des courants pacifistes ou néo socialistes, par exemple Charles Bouglé, directeur adjoint de l’ENS qui introduit ses Réflexions sociologiques sur le laïcisme. Mais qui était à l’initiative de la publication, en 1932, des disques parlés de la Ligue française de l’enseignement ? Gravés par Félicien Challaye (philosophe et journaliste, anticolonialiste et ultra-pacifiste), Maurice Garçon (célèbre avocat, polygraphe et historien), André Lebey (homme de lettres, poète et député), Lucien Le Foyer (libre-penseur, avocat et député), Marceau Pivert (militant socialiste, enseignant, syndicaliste), ces disques ont pour titres L’absurdité de la guerreAttention à l’alcoolTalisman d’amourTalisman d’harmonieTalisman de véritéL’école et la paix. Ces thématiques, maçonniques pour certaines, sont très proches de celles des disques de La voix des nôtres.

30 septembre 2024
Nouveautés sur la Phonobase : de Victorien Sardou (1831-1908) à Félix Mayol (1872-1941)
Jusqu’ici, avec plus de 150 titres différents, la Phonobase n’était pas en reste parmi ceux qui, en 2024, vénèrent encore Félix Mayol. Et d’un coup, voici 70 titres de plus… Les plus fervents adeptes du politiquement correct devraient-ils passer leur chemin ? Au contraire, les singularités des contenus parfois odieux de ces textes, ou des 500 autres chantés par le célèbre Charlus (1860-1951), mériteraient de sérieuses études. Mais puisque la Phonobase a aussi sa dignité, au même moment, elle rassemblait les voix d’Octave Pradels, Félix Galipaux, Henri Fursy, Rachel de Ruy, avec quelques autres parmi lesquelles celle d’un authentique personnage du Second Empire qui parle :  Victorien Sardou (non, l’auteur de La Tosca, Fedora, Madame Sans-Gène, Le roi Carotte, n’est pas en famille avec Michel homonyme, votre chanteur de variétés préféré).

De célèbres revenants sur la Phonobase : Léon Tolstoï – Conan Doyle – Meurig Morris
Depuis 2019 la Phonobase avait déjà l’honneur d’abriter la voix de Léon Tolstoï (1828-1910), s’exprimant en russe, puis en français, sur deux disques 25 cm gravés chez lui dans son domaine de Iasnaïa Poliana, fin 1909. Ce n’est pas sans plaisir qu’on ajoute aujourd’hui un troisième disque, peut-être le plus impossible à trouver, de 30 cm, gravé le même jour.
Authentique polyglotte, Tolstoï avait ce jour là également confié sa voix à la poussière des sillons, en deux autres langues : anglais et allemand, disques qui restent à trouver… En attendant, on pourra donc entendre, et même écouter, ce “nouveau” disque de Tolstoï en russe… et le lire, car la Phonobase, qui n’en est pas à un miracle près, vous offre aussi le plein texte, avec sa traduction française, des aphorismes du Comte, anarchiste chrétien excommunié de l’Église orthodoxe…
Le nom de Conan Doyle (1859-1930) n’était pas inconnu de la Phonobase qui, du père de Sherlock Holmes, portait déjà à nos oreilles un poème mis en musique et gravé dans la cire en 1900 : The Old Gray Fox. Mais aujourd’hui, sur la Phonobase, c’est Conan Doyle lui-même qui nous parle, deux mois avant sa mort, d’une voix alerte encore, avec son bel accent d’ Edimbourg : il évoque Sherlock Holmes bien sûr, mais aussi et surtout sa foi et son grand intérêt pour le spiritisme. Vous trouverez ce contenu avec le plein texte à lire pour suivre bien sûr…
Et puisqu’il n’est pas bon d’isoler un fantôme, voici aussi la plus célèbre spirite et médium britannique de son temps, Louisa Ann Meurig Morris (1899-1991) : après une introduction de sa voix fluette, suivie de quelques secondes de silence, c’est d’une voix d’un stentor barytonnant que Meurig Morris vous connectera peut-être aux esprits. Elle est connue notamment pour avoir fait des démonstrations de ses pouvoirs auprès de… Mme Conan Doyle, après la mort de son époux. Voici donc “Mrs Meurig Morris in a trance address”, avec encore une fois, le plein texte transcrit, pour mieux goûter ce rituel médiumnique.

30 août 2024
Nouveau : le Phonoflux, webradio de la Phonobase
Le Phonoflux : https://www.cylindre.org/phonoflux permet de découvrir et écouter des titres sélectionnés au hasard sur la Phonobase, soit individuellement, soit en flux continu. En cours d’audition, on peut sauter au titre suivant d’un simple clic.

6 juillet 2024:
– Sur la liste des dernières arrivées sur la Phonobase, on peut remarquer notamment la marche officielle des Amis de la gaîté d’Uzerche, ainsi qu’un autre titre, chez Limousine Édition, le label des disques produits à Chaumeil (Corrèze) dès les années trente. Ce très curieux label Corrézien vante les mérites des accordéons Maugein Frères, à Tulle, ainsi que la virtuosité de Jean Ségurel bien sûr ! À découvrir ici et … en écho à l’ouverture récente de la Cité de l’accordéon et des patrimoines, à Tulle.

– “Dans cent ans aujourd’hui – qui es-tu, assis, lisant un de mes poèmes – sous l’emprise de la curiosité – dans cent ans ?” Rabindranath Tagore, (prix Nobel de littérature 1913) offrait une curieuse mise en abîme en gravant au disque, en 1924, ce poème qu’il avait déjà publié avant 1900

– Un peu d’histoire avec cette profession de foi du général Felix Diaz en 1913 “Programa presidencial del General Don Félix Diaz”, qui n’avait pas pu empêcher l’accession abusive au pouvoir du général Victoriano Huerta, dans le contexte de la révolution mexicaine.
Il était le neveu de Porfirio Diaz qui dirigea le Mexique pendant 35 ans d’une main autoritaire, et avait gravé en 1909, peu avant son exil, un cylindre adressé à Thomas Edison qu’on peut écouter ici : El Presidente Diaz al Señor Edison.

Chapeau rose et fin mollet, le seul enregistrement vraisemblable de Paulus [Jean-Paulin Habans (1845-1908)] fait presque consensus quant à son authenticité. Très célèbre en son temps, Paulus avait notamment  chanté la gloire du “brave général Boulanger” dans sa célèbre chanson En revenant de la revue. Les commentaires en bas de la fiche descriptive de ce disque renvoient vers trois autres candidats à l’authenticité, présents sur la Phonobase, qui sont des faux d’époque, dont un maquillé plus ou moins tardivement…

– Gravé à Varsovie en 1902, et maintenant disponible sur la Phonobase, un des premiers enregistrements du chantre Gershon Sirota, surnommé de son vivant “le Caruso juif”. Il chante un extrait du Livre de Jérémie, 31:20: “Haben jakir li Ephraïm”, aka “Ephraïm n’est-il pas mon fils chéri ? Il s’agit d’une métaphore par laquelle le fils chéri désigne le peuple juif.  À découvrir ici : http://phonobase.org/16478.html. Comme tant d’autres, Sirota fut tué dans le Ghetto de Varsovie en 1943.

La voix de Camille Dumény (1854-1920), de la Comédie-française. Cet acteur avait notamment participé à la création en 1887 de La Tosca, pièce de Victorien Sardou (1831-1908) ; on peut d’ailleurs entendre la voix de ce dernier ici.

– Une publicité à la fin d’un disque Zon-o-phone orange (1902-1903):
[…] – Et comme distraction, tu vas aller m’acheter le nouveau phonographe : le Zonophone !
– Mais je n’ connais qu’ ça !
– Et tu vas me faire expédier un appareil magnifique avec tous les disques qui ont enregistré la voix des plus grands artistes de Paris. Tous les jours, je m’en ferai entendre à moi-même trois, quatre, cinq ! Et j’ te prie d’ croire qu’au bout d’ quinze jours, j’aurai r’pris mon appétit et la gaîté […]http://phonobase.org/16477.html

– L’audition de ce cylindre de 1897 s’achève par des acclamations simulées, une chose courante sur les cylindres d’Henri Lioret, mais presque inédite chez Pathé dont il s’agit ici. Mais le plus incroyable est la réclame vocale à la toute fin : un annonceur crie au loin “Pathé Frères, 98 rue Richelieu, Paris”: http://phonobase.org/16464.html… Un des cylindres de la collection de l’artiste et ingénieur Augustin Seguin (1841-1904), conservé dans les très belles archives Seguin à Varagnes (Ardèche).

– Un disque très spécial d’Émile Berliner, l’inventeur du disque, gravé en 1899. Il porte un abrégé du discours du Père Ollivier à Notre-Dame de Paris pour les victimes de l’incendie du Bazar de la charité (4 mai 1897), lu par un comédien. Ce drame coûta la vie dans des conditions atroces à 126 personnes – dont 118 femmes ! – toutes des plus hauts rangs de la bourgeoisie et de l’aristocratie française et européenne, parmi lesquelles Sophie Charlotte en Bavière, duchesse d’Alençon, soeur de l’impératrice Elisabeth d’Autriche, “Sissi”. Par voie de presse, ce désastre eut un retentissement mondial. En outre, le discours foncièrement anti-républicain du père Marie Joseph Henri Ollivier, prêcheur dominicain, a durablement marqué les esprits, et a été vu plus tard comme un pas important dans le long chemin qui aboutit en 1905 à la loi française sur la séparation des églises et de l’État.
Sur le plan technique, ce disque porte le très singulier “Nipper in the groove”, une tentative brevetée d’anti-piratage par la représentation d’une image dans la gravure même du sillon (voir la 2e photo). Sous lumière rasante, on découvre en effet le fox-terrier Nipper, le chien emblématique de Gramophone qui cherche encore et toujours “La voix de son maître”. À voir et entendre ici : http://phonobase.org/16462.html.

10 juin 2024:
Dimanche  9 juin, la 1943e édition de Folk à lier présentait des morceaux choisis sur la Phonobase commentés en direct. Cette émission hebdomadaire de Serge Tanguy existe depuis près de 40 ans, sur l’antenne de Radio Libertaire, la radio sans dieu ni maître, ni publicité. On peut écouter ou télécharger le podcast ici, ou .
Vite, à vos cassettes !

Mars 2024:

Loisirs littéraires au XXe siècle, [détail] dessin d’Albert Robida, tiré de “La fin des livres”, dans Robida/Uzanne: “Contes pour les bibliophiles”, Paris, 1895.

Anthologie des poètes français contemporains dits par eux mêmes:
Gravée d’avril à juin 1929 et publiée par Pathé au printemps 1930, cette “Anthologie des poètes français contemporains dits par eux mêmes” rassemble sur 24 faces de disques 78 tours 30 cm, les voix de Lucie Delarue-Mardrus (1874-1945), Maurice Donnay (1859-1945), René Fauchois (1882-1962), Paul Fort (1872-1960), Franc-Nohain (1872-1934), Paul Géraldy (1885-1983), Rosemonde Gérard (1866-1953), Pierre de Nolhac (1859-1936), François Porché (1877-1944), André Rivoire (1872-1930), Maurice Rostand (1891-1968) et Miguel Zamacoïs (1866-1955) récitant des fragments de leurs œuvres. Pour écouter, cliquez ici. Un article publié en français dans The French Review, Vol. 4, No. 6 (May, 1931), pp. 461-466 offrait une présentation de ces 12 disques lors de leur publication et proposait un état des lieux de la diction du vers français et la déclamation en France, en considérant cet art comme étant alors dans une période de transition (lien en bas de chacune des fiches). Accès à l’article.

Février 2024:
Un ensemble de quatre disques gravés en 1903 par Coquelin Cadet (1848-1909), généreusement prêtés par M. David Schmutz, collectionneur californien, vient enrichir la Phonobase. Œuvres théâtrales et monologues d’Edme Boursault, Alphonse Daudet, Grenet Dancourt, Charles Cros.

Janvier 2024:
Un ensemble de disques gravés entre 1898 et 1905 offrant des voix rares parmi lesquelles Caro Roma, Rose Relda, Léon Laffitte, Gabriel Soulacroix, Léon Melchissédec, un enregistrement de clarinette solo de 1898, ainsi que quelques disques de café-concert.

Décembre 2023:
« Enregistrements sonores anciens au LARHRA », Les Carnets du LARHRA, 2023 | 1 | 2023 :
Une brève communication qui évoque l’existence de collections sonores privées au service de collections publiques : https://publications-prairial.fr/larhra/index.php?id=937

Mise à jour de septembre 2023:
Les disques de l’orchestre de S.M. Sisowath 1er, gravés à Paris en 1906 :
Durant l’été 1906, le roi Sisowath du Cambodge, pays sous protectorat français depuis 1863, entame un voyage en France qui dure un peu plus d’un mois. Il est accompagné de son orchestre traditionnel khmer, et surtout de danseuses cambodgiennes qui frappent le public français, dont le sculpteur Auguste Rodin, qui les rencontre le 10 juillet à Paris, lors d’une représentation au Pré Catelan. Rodin est fasciné au point de les suivre jusqu’à Marseille, où se déroule la première grande exposition coloniale… Sur l’initiative personnelle du musicologue, écrivain et sinologue Louis Laloy, l’orchestre est enregistré le 9 juillet sur six cylindres réputés perdus. Tout aussi introuvables, les transcriptions de trois de ces cylindres, publiées sur disques avant 1910, ont réapparu de façon inespérée et sont à voir et écouter ici sur la Phonobase.

Mise à jour de mai 2023:
Annonce de parution :
Michel Duchesneau et Federico Lazzaro (dir.), Musique, disque et radio en pays francophones, 1880-1950, Paris, Vrin, 2023, 408 pages. Table des matières ici.

Mise à jour de février 2023:
Le Nord est à l’honneur sur la phonobase :
Notamment avec, parmi les nouveaux arrivants à voir, à écouter et à lire :

Le broutteux Jules Watteeuw (1849 – 1947) : https://phonobase.org/search?type=wide&nptq=watteeuw ;

Bertal [Albert Demeulemeester (1897 – 1960)] :
https://phonobase.org/search?type=wide&nptq=bertal ;

Bramay (18? – 19?) :
https://phonobase.org/search?type=wide&nptq=bramay ;

Line Dariel (1886 – 1956) et Léopold Simons (1901 – 1979) :
https://phonobase.org/search?type=wide&nptq=dariel ;

Firzel (1895 – 1948) :
https://phonobase.org/search?type=wide&nptq=firzel ;

Certains d’entre eux récitent ou chantent les textes d’Alexandre Desrousseaux, ou de son fils Bracke-Desrousseaux :
https://phonobase.org/search?type=narrow&Compositeurs=Desrousseaux ;

D’un côté plus académique, le violoncelliste Louis Rosoor (1883 – 1969) jouant Beethoven et Saint-Saëns :
https://phonobase.org/search?type=narrow&Titre=&Interpretes=rosoor ;

Ici, un discours  de René Ladreyt, maire de Cysoing, 7 septembre 1930 :
https://phonobase.org/search?type=wide&nptq=cysoing

Enfin, on trouvera aussi Guy Berry (1907 – 1942), chanteur et acteur né à Lille :
https://phonobase.org/search?type=narrow&Interpretes=berry.

Ces disques proviennent pour la plupart d’un don de M. Christian Declerck, de Dunkerque, pour archivage. Le lien suivant permet de visualiser l’ensemble de cette collection, qui contient également des fragments d’orchestres : scottishs, polkas, et animations pour le carnaval Dunkerquois :
https://phonobase.org/search?type=wide&nptq=declerck.

Mise à jour de décembre 2022:
Quelques disques de cinéma parlant :
Parmi un ensemble d’enregistrements de disques Gaumont qui, comme leur nom l’indique presque, étaient voués à être synchronisés avec les films correspondants, on a ajouté ce mois-ci la voix d’un parlementaire italien Alfredo Marchese Capece Minutolo di Bugnano, en 1920, ainsi que l’un des plus anciens enregistrements d’une émission de radio, gravé en 1923. De même, des déclamations de fragments scéniques tirées de Jean Racine, Boileau, La Fontaine, Octave Pradels, Paul Géraldy, etc.
Il a existé au moins deux sortes de disques pour les projections parlantes par le chronophone Gaumont :
– les disques de chronoscènes (ou phonoscènes) Gaumont (à partir de 1905), gravés avant ou après une prise de vue en film muet, sont destinés à une post-synchronisation pour donner l’illusion du film parlant. Tantôt il s’agit de disques spécialement conçus pour la synchronisation, ils portent alors la mention “Établissements Gaumont” ; tantôt ce sont de simples disques du commerce pour la synchronisation desquels on a demandé à des comédiens de mimer leur chant devant la caméra. Dans les deux cas, il s’agit en somme de playback. Ces derniers disques sont reconnaissables à leur timbre de synchronisation collé en surcharge sur l’étiquette.
– Par ailleurs, les “Filmparlants Gaumont” (à partir de 1910), étaient gravés au moment même de la prise de vue, ce qui constituait un perfectionnement de taille, faisant de ces films les premiers “vrais” films parlants.
Parmi les procédés concurrents dans le monde du cinéma sonore naissant, dont on trouve des traces audibles sur la phonobase, on peut citer celui du Phono-cinéma-théâtre (1900), et procédés assimilés, qui faisaient emploi de cylindres aux dimensions imposantes et aux noms de formats évocateurs: Céleste (Pathé), Le Samson (Vivès), L’idéal (Lioret), parmi lesquels figurent quelques cylindres Pathé portant la mention “Phono-cinéma Pathé”. Plus tard (1907-1909), les disques Cinéphonomusica Léoni et Cie, qui sont en réalité des disques ordinaires du commerce de la Société Ondographique Eden surchargés d’une étiquette spécifiques, ainsi que les disques Eclipse, Société nouvelle du cinéma synchrone O. de Faria, vraisemblablement fabriqués par le label Aérophone, ont également servi à la synchronisation sonore avec des films.

Mise à jour d’octobre 2022:
Exposés de la Phonobase en ligne :
On trouvera ici un ensemble d’interventions à des colloques, séminaires et journées d’étude,  liées à la Phonobase ou aux enregistrements historiques. Ces interventions mises sous forme de fichiers pdf sont à télécharger pour être lisibles localement en diaporama (touche F5 sur PC). Les textes en italique sur les images, et les liens cliquables, constituent la “voix off” de ces diaporamas, qui représentent autant d’introductions possibles aux répertoires et contenus de la Phonobase.
Par ailleurs, plus de 800 des notes de bas de pages de  la thèse d’Henri Chamoux La diffusion de l’enregistrement sonore en France à la Belle Époque (1893-1914) renvoient vers les fiches de la Phonobase.
4000 extraits audio chantés ou parlés transcrits en plein texte :
Grâce à l’aide d’un groupe de professeurs de lettres retraités, bénévoles établis en Belgique, qui apportent leur soutien à la Phonobase et au Phono Museum, un effort particulier a été apporté à la transcription des contenus déclamés ou chantés sur la Phonobase, et désormais,  plus de 4000 enregistrements parlés ou chantés sont transcrits en plein texte, parmi les 12800 fiches de la Phonobase.
On peut cliquer ici pour feuilleter et glaner parmi les fiches dotées du plein texte. On y découvrira bien des formules, à la fois surannées et surprenantes, de la plus délicieuse à l’indicible : d’une sensibilité toute romantique, d’une savante délicatesse, d’une grivoiserie décomplexée, d’une imbécilité consciente, grotesques, politiquement incorrectes, choquantes et parfois même criminelles, mais bien souvent savoureuses, et toutes fourmillantes d’enseignements historiques, sociaux ou linguistiques.
1100 disques et cylindres de Charlus :
La Phonobase abrite désormais plus de 1000 enregistrements du chanteur Charlus, après une intense campagne de numérisations au cours de cette année 2022. De son vrai nom Louis-Napoléon Defer (1860-1951), il est bien connu en France comme le chef de file des forçats du phonographe, à l’époque où la duplication mécanique des cylindres et disques laissait à désirer. De son propre aveu, Charlus aurait chanté plus de 80 000 fois devant des pavillons de phonographes, entre 1896 et 1930. Sur la Phonobase, tous les textes des chansons de Charlus sont transcrits : attention, grivoiserie garantie ! Ces documents sonores centenaires sont à prendre avec toute la réserve nécessaire, en considérant en premier lieu la distance du temps.
Discographies et discographes :
Sous ce titre, ce bref article de la revue Sonorités – Bulletin de l’AFAS  explique et raconte l’histoire de la discographie, liste structurée de références de documents sonores, outil précieux pour le chercheur d’enregistrements rares. Il présente une partie des coulisses de la Phonobase en somme, et offre un tour d’horizon du monumental travail de chercheurs d’hier et d’aujourd’hui qui ont constitué les listes – en ligne – de centaines de milliers d’enregistrements commerciaux de la première moitié du XXe siècle.
https://doi.org/10.4000/afas.6883

Mise à jour de février 2022 :
Plus de 700 nouveaux fichiers audio mis en ligne durant l’année 2021, et leur 2500 photos, à découvrir ici. Au programme : une trentaine de faces de musique arabe gravées entre 1907 et 1920 au Caire et Alger, une vingtaine de faces gravées à Constantinople (Empire ottoman), quatre faces en yiddish gravées à Paris en 1908, une trentaine de titres par la chanteuse grecque Marika Papagika, de nombreux cylindres français, gravés avant 1900 chez Lioret et Pathé, un ensemble de cylindres très anciens de toutes marques : Pathé, Bettini, Columbia, dans des répertoires variés de café-concert et chant lyrique. En diction, on remarque, parmi bien d’autres choses, le plus singulier des discours du Général de Gaulle, gravé à Londres pour Noël 1941 à l’attention des enfants de France, et diffusé sur de fragiles petits disques en gomme-laque parachutés en France par la RAF. Parmi environ 200 faces de disques de la Belle Époque ajoutés dernièrement, on remarquera celles de Suzanne Després (1873-1951), actrice symboliste récitant des fragments de Jean Richepin, des enregistrements inédits (1903 !) de la sulfureuse Mlle Polaire (1874-1939), ainsi qu’une curieuse chanson d’actualité, L’affaire K Rus O (cylindre Edison, 1906).

Mise à jour d’avril 2021 :
Disques du Stalag IV C
Un ensemble unique de disques gravés en 1943 et 1944 par des français prisonniers en Bohême a été donné au LARHRA, en vue de leur dépôt aux Archives nationales. Plus de détails ici.

Mise à jour de juin 2020 :
Les bandes magnétiques de José Sourillan
Le LARHRA, par l’intermédiaire d’Henri Chamoux, a reçu en décembre 2019 le don d’une collection complète d’environ 700 boîtes contenant ensemble environ 1100 bandes magnétiques enregistrées, ainsi que de leur descriptif général en 2 volumes reliés (800 pages environ), en vue de la numérisation et sauvegarde de leur contenu. Cet ensemble patiemment constitué représente 1500 à 2000 heures d’audition et provient de la collection de José Sourillan (1936-2017), qui fut, pendant vingt ans, archiviste à la station de radio RTL.
Plus de détails ici.

Mise à jour de septembre 2019 :
Disques du Gouvernement Provisoire de la République Française
La Phonobase accueille le descriptif d’un ensemble de 469 faces de disques à gravure directe de type “Pyral” numérisées durant l’hiver 2018-2019 pour le compte des Archives nationales. Ces disques proviennent de divers acteurs de l’époque de la Libération en lien avec le GPRF (1944-1946). Leur audition est possible aux Archives nationales où ils sont conservés.

Mise à jour de juin 2019 :
La voix de Léon Tolstoï. Le 9 octobre 1909, une équipe de la Gramophone Company Limited se rendit en Russie à Iasnaïa Poliana, domaine de Léon Tolstoï (1828-1910), afin d’y enregistrer sa voix. Il grava quatre faces : une en russe, une en français, une en anglais, une en allemand. On peut voir et écouter ici le disque français : Qu’est-ce que la religion ?, ainsi que le disque russe : Мысли из книги На каждый день , (Pensées tirées du Livre de chaque jour). Il s’agit du nom de son œuvre testamentaire, publiée en français en 1912 sous le titre La Pensée de l’humanité, ouvrage qu’il entoura de soin durant ses dernières années et dont il corrigeait les épreuves jusque sur sa couche de mourant.

Mises à jour de mars 2019 :
– Opéra, opéra-comique : mise en ligne d’un cylindre inédit de Gabriel Soulacroix (1853-1905), de disques de Maurice Renaud (1861-1933), baryton de l’opéra, gravés en 1901 et 1902, et de neuf faces gravées en 1904 et 1905 par le ténor Adolphe Maréchal (1867-1935). Enregistrements par André Gresse (1868-1937), René-Antoine Fournets (1858-1926), basse de l’Opéra, Léonie Tanésy (1863-1942), de son époux Marius Chambon (1864-1945), de Jean Delvoye (1854-1938), le plus souvent en duo avec Jeanne Daffetye (1878-1962), de Jean Lassalle (1847-1909), Blanche Deschamps-Jéhin (1857-1923), Angèle Pornot (1884-19??), Cécile Merguillier, Albert Piccaluga (1854-1925), Charles Rousselière (1875-1950), Jean Riddez (1875-1939), Edmond Clément (1867-1928), Victor Maurel (1848-1923), Léon Melchissédec (1843-1925), dans l’exceptionnelle simulation d’une leçon de chant.

-Soli instrumentaux – Violon : cylindres gravés en 1903 par Carmen Forte (1886-1864), premier prix du Conservatoire en 1901, disques publiés en 1906-1909, gravés par Ariodante Mai, et Virgilio Ranzato (1882-1937), plus connu comme chef d’orchestre, mais qui fit plusieurs saisons à la Scala de Milan comme premier violon ; enregistrements par Deszö Lederer (1858-1921), Jacques Thibaud (1880-1953), Jan Kubelik (1880-1940), Franz von Vecsey (1893-1935), Alberto Bachmann (1875-1963) – Flûte : Adolphe Hennebains (1862-1914) joue Chopin, Pessard, Doppler, Massenet, Léon Fontbonne (1858-1940). – Banjo, banjoline, mandoline-Banjo, ou zither-banjo : Salvator Léonardi (1872-1938). – Clavecin : un peu hors cadre, car bien postérieurs à la période préférée de la Phonobase voici, outre ses disques commerciaux, quelques enregistrements inédits de Paule de Lestang (1875-1968), gravés au cours d’émissions radiodiffusées sur Lyon PTT en 1938 et 1939.

– Musique de chambre : Les morceaux de musique de chambre sont exceptionnellement peu représentés dans la discographie d’avant 1914. Voici donc quelques raretés : le Quatuor Tourret, dans des fragments de Glazounov, Vidal, Pierné, Haydn, ainsi qu’un quintette à vent (flute, hautbois, clarinette, cor, basson), menuet de Schubert, par le quintette Lafleurance, Gillet, Lefebvre, Delgrange, Vizentini, de l’Opéra.

– Diction : Félix Galipaux (1860-1931), Jules Leitner (1862-1940), de la Comédie française, Paul Mounet (1847-1922), et son frère Jean-Sully Mounet, dit Mounet-Sully (1841-1916), de Maurice de Féraudy (1859-1932), de son fils, Jacques de Féraudy, (1886-1971), dans une mémorable imitation d’Eugène Silvain (1851-1930) ; Sarah Bernhardt (1844-1923), dans le très rare disque Vocalion qu’elle grava à New-York en 1918 :  Prière pour nos ennemis de Louis Payen / L’étoile dans la nuit, de Henri Cain ; et dans l’introuvable version Zonophone (Paris, 1903) d’un fragment de Phèdre qu’elle avait également gravé à la même époque pour trois autres compagnies.

– Café-concert : Jeanne Allems, Germaine Gallois, Yvette Guilbert, Jeanne Giralduc, Odette Dulac,  ; chanteuses à voix, dans le sillage de Thérésa : Yvhane Gilbert, Lydia Lys, Henriette Leblond, de gommeuses, excentriques, ou chanteuses grivoises : Gavrochinette, Polaire, [Émilie-Marie Bouchaud], Charlotte Gaudet, de chanteurs français s’exprimant en anglais : Edmée Lescot, Tarquini d’Or.  Parmi les hommes : Léonce Bergeret, Benjamin Bloch, fin diseur alsacien, Aristide Bruant, Darlex, [Albert Théodore Belay], Dona [Gaston Théodore Boudon], Dranem, Ferdinand Gabin [Moncorgé], Maurel, Vilbert, Victor Lejal, le siffleur Kar-Yon, sans oublier Marien le sillfomane, Paul Lack, Émile Soubeiran, Gabriel Miller, Vallez, etc.

– Enregistrements d’amateurs : beaucoup d’anonymes, quelques-uns nommés, parmi lesquels la famille Weerts, à Croix (Nord),  Émilien Richard, : Mimie (1 cylindre) ; Souvenances (1 cylindre) ; à Monsieur le Chanoine Siméone, à l’occasion de sa nomination de chanoine titulaire [Augustin Joseph Marie Siméone, futur évêque d’Ajaccio], en deux cylindres (1904). Enfin, quatre cylindres gravés en amateur par des soeurs du carmel de Lisieux., dont un cylindre par Madame la Néele (Marie-Elisa-Jeanne Guérin, 1868-1938), cousine et compagne d’enfance de Marie-Françoise Thérèse Martin, Thérèse de Lisieux.

31 mars 2015
–  Gravures illustres
– Mise en ligne de la voix de la Comtesse Constance Markievicz (1868-1927), nationaliste et révolutionnaire irlandaise, qui évoque, en 1922, la mémoire des héros de la guerre d’indépendance Irlandaise, ainsi que le traité anglo-irlandais, ou traité de Londres, signé le 6 décembre 1921.
– Quelques documents autour de l’assassinat de Jean Jaurès : 1°, le récit de Pierre Renaudel, témoin direct, vingt ans après ; 2° le Chant funèbre pour le tribun tombé, par Firmin Gémier ; 3°, Jaurès est mort ! par Maurice Rostand.
– La voix d’Albert Thomas, organisateur de la production d’armement et du travail ouvrier pendant la Première guerre mondiale, premier directeur du Bureau international du travail à Genève. Il évoque brièvement quelques-uns des bouleversements consécutifs à la guerre.

– 14-18 entre les oreilles
Ces exemples s’inscrivent dans un ensemble de documents sonores plus anciens illustrant la Première Guerre mondiale, tout juste numérisés et accessibles ici, qui proviennent pour la plupart de la collection de José Sourillan.
Côté anglo-américain, on trouvera notamment des descriptive sketches, ou “scènes descriptives”, qui mettent en scène la guerre en faisant intervenir plusieurs comédiens : conflit italo-autrichien, combats alliés notamment, avec force artifices et bruitages pour figurer les machines : camions, navires, avions, zeppelins, etc., tandis que les disques français, lorsqu’ils racontent la guerre, s’en tiennent aux chansons, aux monologues ou récits de circonstance. Quelle que soit l’origine de ces disques cependant, les idées véhiculées ici se résument à quelques expressions consacrées : antigermanisme, propagande, envolées lyriques, bourrage de crâne.
On trouvera dans cet ensemble quelques curiosités comme ce cours de langue française destiné aux soldats américains ainsi que, toujours à destination des soldats américains en Europe, deux chants d’encouragement en langue yiddish. Parmi les discours politiques liés à la guerre, on peut entendre les voix suivantes : celle du premier ministre grec Elefthérios Venizélos, qui provoqua la guerre civile, aidant la Grèce à quitter une difficile neutralité et à entrer dans la guerre ; celle de Luigi Cadorna, militaire italien, après la désastreuse défaite italienne à la bataille de Caporetto, celle du général Polonais Józef Haller von Hallenburg, sur un disque Gaumont qui, comme son label l’indique presque, était voué à être synchronisé avec le portrait animé de l’orateur ; celles du général américain Leonard Wood, ou du sénateur Henry Cabot Lodge, qui s’expriment lors de l’entrée en guerre des Etats-Unis. Celles enfin du général John Pershing et de Philippe Pétain, réunis à l’occasion de l’inauguration du monument Pershing-Lafayette à Versailles (1937).
Il existe tout de même quelques cas bien rares d’antimilitarisme, liés au mouvement socialiste, en réalité antérieurs à la guerre : À bas la guerre (1909), L’étendard de la pitié (1908), qui chante les bienfaits de la Croix-Rouge française, Les refrains de la vie (1907), Voilà les Prussiens, réflexion d’un paysan sur la guerre (1913-1914), ou nettement postérieurs : La guerre, c’est la misère et Formons la chaîne (1931). Dans le même esprit, L’absurdité de la guerre, par Félicien Challaye (1875-1967), pour la Ligue française de l’enseignement, ainsi que la reprise de textes classiques, comme Depuis 6000 ans la guerre, de Victor Hugo, par Robert Damorès (1875-1961)

– Retours sur la guerre
Sur huit faces publiées en 1928 par le Musée de la parole et du geste, le cardinal Louis Henri Joseph Luçon (1842-1930) raconte Le martyre de la cathédrale de Reims. Enfin, parmi les créations littéraires inspirées par la Première guerre mondiale, citons ici quelques fragments au disque, tirés des textes suivants : L’Arrêt sur la Marne, lu par François Porché, son auteur ; Les croix de bois (Roland Dorgelès), par Jean Clarens ; La Peur (Gabriel Chevallier), adaptée au théâtre par la troupe de Firmin Gémier, et enfin : Il ne faut plus jamais ! de et par Maurice Rostand.

Retrouvez ici les mises à jour précédentes de la Phonobase.

HC


OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Henri Chamoux (28 janvier 2026). Dernières nouvelles de la Phonobase. Chroniques de la Phonobase. Consulté le 10 septembre 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/ve0t